Miscellanées Méliès 1-3 (2015-2019)

Les Miscellanées Méliès parurent en trois volets sur le site de la Cinémathèque suisse à la rubrique « Documents de cinéma », respectivement en juin 2015, juillet 2018 et juillet 2019. Leur reprise sur le site de la Cinémathèque Méliès - Les Amis de Georges Méliès bénéficie de l'autorisation bienveillante de la Cinémathèque suisse.

Nous donnons la teneur de ces vingt contributions faites d'études et de documents, un apport de quelque 500 pages, peu connu et trop longtemps mis en veilleuse, en espérant que les études méliésiennes s'en trouveront enrichies et tout en déplorant que certains pdf, contiennent quelques liens non-réactivables en l'état, en dehors de l'obsolescence du système de renvois interne à Documents de cinéma quand la rubrique était en ligne.

Nous avons conservé la présentation originale de chacun des trois volets, car elle permet de saisir le contexte et les attendus de leur publication.

Outre le nom de l'auteur et du titre des études répertoriées ou citées, toute référence à ces textes doit comporter la mention suivante, accompagnée du renvoi pertinent au site de la Cinémathèque Méliès :

Miscellanées Méliès, Documents de cinéma de la Cinémathèque suisse, Lausanne, 2015-2019 / Cinémathèque Méliès, Paris, 2026.

Roland Cosandey, Jacques Malthête

Cinq ans d'études méliésiennes : les Miscellanées Méliès de la Cinémathèque suisse (Documents de cinéma, 2015-2019)

En 2010, sous un titre qui reprenait le nom d'une collection d'études commencée à la fin des années 1950 par Freddy Buache, la Cinémathèque suisse, alors dirigée par Frédéric Maire, entamait sous ma responsabilité éditoriale la publication en ligne d'une rubrique intitulée Documents de cinéma.

Librement associée à un cours facultatif sur les archives et l'histoire du cinéma, proposé dans le cadre  du  master en cinéma de l'Université de Lausanne,  où j'intervenais dans un module intitulé « Du dépôt à l’écran: restauration du spectacle cinématographique ». Inspirée par la proposition faite jadis par Raymond Borde d'instaurer dans chaque archive la pure fonction d'explorateur du patrimoine, elle se voulait exploratrice précisément, problématisante assurément et soucieuse de méthodologie.

Au sein d'une telle rubrique et dans ce contexte institutionnel, de quels arguments patrimoniaux pouvait-on se prévaloir pour développer une sous-rubrique baptisée d'un titre à la fois très XIXème siècle et prudemment annonciateur d'éclectisme : Miscellanées Méliès ?

Il suffisait d'avoir à l'esprit certains aspects de l'histoire de la Cinémathèque suisse et même de sa préhistoire pour savoir qu'un geste symbolique renvoyant à sa genèse fut la visite des futurs fondateurs des Archives suisses du film de Bâle (1942-1948) au « mage de Montreuil », en 1937, dans la maison de retraite de la Mutuelle du cinéma, au château Guérin à Orly (1).

En septembre – octobre 1945, une exposition restée fameuse, « Images du cinéma français », eut lieu à Lausanne et la scénographie fantastique d'Henri Langlois y faisait la part belle à Méliès.

Il suffisait aussi d'ouvrir le volumineux dossier documentaire « Méliès, Georges », constitué au fil des années, pour que divers aspects de ce lien quasi originel, renoué par Freddy Buache dès qu'il reprit la direction de la Cinémathèque en 1951, soient documentés - rétrospective au Festival de Locarno, exposition itinérante, visites de Madeleine Malthête-Méliès, etc.

Deux grandes surprises venaient asseoir cette légitimité à “miscellaner méliésément” depuis la Suisse. La première est le versement à la Cinémathèque de trois films de Méliès en copie de première génération datant de 1900, trouvés au Musée suisse de l'appareil photographique de Vevey et leur restauration par Hermann Wetter (2).

La deuxième est la découverte dans le Fonds Claude Autant-Lara, conservé par la Cinémathèque suisse, d'une correspondance entre le jeune cinéaste de vingt-sept ans s'apprêtant à tourner Faire un feu et le vieux Méliès, au demeurant beaucoup moins oublié qu'on ne l'a longtemps dit, mais tenant encore boutique à la Gare Montparnasse.

Le programme éditorial des Miscellanées Méliès, comme on le verra, ne pouvait éviter de s'ouvrir à d'autres aspects, parmi lesquels la réédition d'un écrit aussi souvent cité que peu accessible, Les vues cinématographiques (1907) nous tenait particulièrement à cœur .

La liberté éditoriale qu'offrait une rubrique en ligne et mon compagnonnage avec Jacques Malthête depuis le temps du premier colloque Méliès, tenu à Cerisy en 1981, entraînèrent naturellement l'idée de profiter de cette opportunité pour y placer des contributions qui trouvaient difficilement preneurs ailleurs à ce moment-là, en particulier l'édition de la correspondance anglophone de Méliès dans le prolongement de l'édition, en 2014, de la correspondance française de Méliès en annexe des actes du colloque de Cerisy de 2011 (3).

Nous ne parlerons pas des projets restés dans les tiroirs, sinon pour mentionner une approche critique de la figure du “bonimenteur“, histoire de revenir sur la doxa universitaire qui a imposé un usage confusionniste du mot et par conséquent des fonctions, entre l'aboyeur devant le lieu du spectacle, chargé d'attirer le badaud, et le conférencier devant l'écran, qui explique les vues. Ç'aurait été rappeler que le boniment était bien pratiqué (et nommé ainsi) par les illusionnistes sur la scène du Théâtre Robert-Houdin, dans sa seule fonction attestée, qui est d'associer le verbe au geste pour détourner l'attention du spectateur des astuces de l'escamotage et autres tours. Dans Passez Muscade. Journal des prestidigitateurs amateurs et professionnels, Méliès évoque d'ailleurs lui-même la variété des talents oratoires de ses magiciens. C'est en ligne sur gallica.bnf.fr.

Deux promesses que notre enthousiasme éditorial nous a poussés à faire n'ont pas encore été tenues. Mais l'édition critique par Jacques Malthête de la correspondance Méliès - Noverre, conservée à la Cinémathèque française, est en chantier. Elle rendra accessible une source majeure de la défense et illustration singulières du cinéaste par ce singulier personnage qu'était Maurice Noverre (1881-1943 ?), éditeur du Nouvel art cinématographique (et de nombreux tracts), chevalier servant de Méliès, mais aussi d'Emile Reynaud.

Quant à l'annonce de la réédition de l’ouvrage de Rémy, Spirites et illusionnistes (1911), issus de conférences données en 1907 au Théâtre Robert-Houdin, il y a quelque chance que ce projet compose des Miscellanées Méliès 4, que nous espérons mettre en ligne cette année encore.

Quand la Cinémathèque suisse procéda il y a quelques années à une refonte de son site et modifia sa politique éditoriale, Documents de cinéma , qui constitue dans son ensemble une contribution de première importance à l'historiographie suisse du cinéma, cessa d'être accessible.

Elle devrait fort heureusement se trouver bientôt à nouveau disponible sur le site de l'institution.

En attendant, pour marquer la tenue du 4e Colloque Méliès (Cerisy-la-Salle, 3-9 août 2026), son nouveau directeur, Vinzenz Hediger, a accepté que le sous-ensemble des Miscellanées Méliès redevienne plus tôt disponible. Nous lui sommes reconnaissants de prolonger par ce geste une relation qui remonte, tout compte fait, au temps de la création de la Fédération internationale des archives du film (FIAF).

Roland Cosandey

C’est un grand bonheur que de pouvoir redonner accès sur le site de la Cinémathèque Méliès Les Amis de Georges Méliès à cette série d’études originales sur Georges Méliès concoctée de concert avec mon ami Roland Cosandey. Les sujets abordés sont d’une diversité joyeuse, allant de la critique d'une restauration aussi fameuse que problématique du Voyage dans la Lune à la découverte d'un auto-portrait de Méliès, tout aussi problématique, en passant par un surprenant montage de 40 photogrammes de À la conquête du Pôle, paru dans une revue d'art zurichoise de 1952.

Sans parler d’un glossaire des substances colorantes dont certaines étaient utilisées dans la mise en couleurs des premiers films, de la correspondance américaine de Méliès (1927-1933), d’un hommage prononcé in absentia par Norman MacLaren en 1952 ou encore de l'index des noms et des titres de film de Méliès, l'enchanteur par Madeleine Malthête-Méliès, dont une édition sous licence parut en Suisse en 1973, l'année de sa parution chez Hachette.

Je m’associe à mon co-éditeur pour remercier vivement Vinzenz Hediger de nous avoir permis de basculer ces Miscellanées sur le site de la Cinémathèque Méliès à l’occasion du prochain colloque de Cerisy consacré au cinéaste. L'opportunité est d'autant plus ajustée qu'une des thématiques principales des conférences sera la réception de Méliès en dehors de la France.

Cette résurgence n'est pas que la remise en ligne d'une production passée. Elle annonce un quatrième volet.

Jacques Malthête

Juin2026

  • (1) Au sujet de ces visites, voir Roland Cosandey, « Trois contributions en marge d’une histoire de la réception de Georges Méliès », Bulletin de la Cinémathèque Méliès (Les Amis de Georges Méliès) : « 1. 1937, Bächlin à Orly », 26, er semestre 1995, p. 25-31 ; 2. « Formes, filières et continuité d’un héritage », 27, p. 25-29 ; « Méliès – Richter : au miroir de l’avant-garde, p. 9-16.

  • (2) Repas fantastique (Star Film 211), La Vengeance du gâte-sauce (Star Film 243) et Spiritisme abracadabrant (Star Film 293) sont décrits dans Roland Cosandey, Cinéma 1900. Trente films dans une boite à chaussures, Payot, Lausanne, 996.

  • (3) Jacques Malthête, Correspondance de Georges Méliès (1904-1937), in : André Gaudreault et Laurent Le

    Forestier (dir.), Méliès, carrefour des attractions, Rennes, Colloque de Cerisy, Presses Universitaires de Rennes, 2014, pp. 453-473.


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